Jeux en ligne: les paris sont ouverts

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Ils sont quinze à passer de l’ombre à la lumière. Ce mardi, l’Autorité de régulation des jeux en ligne va publier la liste des opérateurs qui seront autorisés à pratiquer les paris sportifs en ligne. Les plus importants sont déjà connus : la Française des Jeux et le PMU sont de la partie (lire ci-dessus). Ils seront rejoints par les mastodontes internationaux, comme Betclic et Unibet. Sajoo.fr et Eurosportbet (filiale de TF1) devraient également être invités à la table des joueurs.

La décision et le timing sont stratégiques : en autorisant les sites début juin, le législateur s’assure que tout sera prêt pour la Coupe du Monde de foot, premier événement sportif au monde sur lequel les joueurs parient.

Pour tous, les jeux sont lancés : il s’agit ni plus ni moins que de capter le plus d’internautes possibles, et espérer tenir parmi les meilleurs. Les enjeux se chiffrent en milliards d’euros. « C’est toute une industrie qui est en train de se mettre en place », explique Francis Merlin, auteur de plusieurs études spécialisées sur les jeux en ligne.

« Les monopoles nationaux de type Française des Jeux et PMU vont devoir affronter les organisateurs de sites illégaux, comme Betclic. Mais quand on parle de sites illégaux, il ne s’agit pas de tripots obscurs : ces entreprises sont légales dans d’autres pays d’Europe. Elles s’apprêtent à investir plusieurs millions d’euros de publicité en France pour se faire connaître. »Exception française oblige, les gains seront taxés à hauteur de 7,5 %, d’où le regard bienveillant de l’État. « Il fallait légaliser ces paris sur le net », poursuit Francis Merlin. « On ne pouvait continuer à accepter que deux millions de Français, bientôt trois, jouent dans l’illégalité. » Les députés ont mis en place une série de mesures pour limiter l’addiction aux jeux en ligne, mais ces garde-fous pèseront peu face aux nouveaux médias mobiles : smartphones et ipad entrent à leur tour dans la danse des jeux en ligne, offrant, grâce aux écrans tactiles, de nouvelles expériences de jeu.

Les jeunes, déjà accros aux nouvelles technologies, vont-ils devenir des parieurs pathologiques ? « Non », répond Francis Merlin. « La France compte déjà 30 millions de joueurs et 198 casinos. Les joueurs addicts existent déjà ».Parmi toutes ces sociétés, lesquelles arriveront à tirer leur épingle du jeu ? Les paris sont déjà ouverts.


Le chiffre : 7,5

%> de taxe sur les gains. Cela explique la bienvieillance de l’Etat qui prélèvera son écot sur cette nouvelle industrie en train de se mettre en place. Laquelle mise sur les nouveaux medias mobiles : smartphones et I Pad pour se développer rapidement.

« On ne pouvait continurer à accepter que deux millions de Français, bientôt trois, jouent dans l’illégalité». François Merlin, auteur d’études sur les jeux en ligne.


Un jackpot de plus pour l’etat

Légaliser les jeux et paris en ligne ? Une action qui doit permettre à l’État de récupérer encore un peu d’argent en faisant entrer les joueurs dans la légalité. En effet, on estime qu’environ deux millions d’internautes jouent en France sur les sites illégaux, soit autant qu’en Allemagne. Un flux qui échappe au contrôle de l’Etat, soit un manque à gagner de quelque 112 millions d’euros chaque année.

En faisant entrer les sites de paris sportifs dans la boucle, les pouvoirs publics vont capter une partie de ces joueurs, plus de 800 000 en France, et taxer leurs gains à hauteur de 7,5 %. Une manne d’autant plus intéressante que dans le même temps, le nombre de joueurs devrait exploser en France. Boosté par l’effet Coupe du Monde, et les nombreuses campagnes de publicité programmées, leur nombre devrait rapidement atteindre les 2,7 à 3 millions d’amateurs.

« La taxation des gains existe déjà dans les autres pays, mais elle reste limitée. Et cette hausse n’est pas du goût des parieurs », explique Florent Escalle, rédacteur en chef du site « parissportifs.com », qui recense les principaux sites de paris sportifs en ligne.

Francophone, mais basé à Malte, il constate une grogne chez les parieurs. « En fait, l’augmentation des taxes fait mécaniquement baisser les côtes des sportifs engagés de quelques points. » Une différence de quelques euros, qui cumulés au nombre de transactions réalisées dans l’année, peuvent décourager certains.

« Je ne serai pas étonné que certains joueurs en ligne continuent de parier en boycottant les sites français au profit de sites internationaux », poursuit Florent Escalle.

Un mécontentement qui ne pèsera pas lourd, face aux nombreux aficionados appelés à rejoindre les rangs des parieurs.

Pour limiter l’addiction aux jeux, le gouvernement a donc décidé plusieurs mesures, comme brider le taux de redistribution des gains, qui passera à 85 % contre 92 % actuellement. Pas sûr que cela suffise à décourager les joueurs compulsifs.

Source: ladepeche

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