Mondial: L’heure est aux reglements de compte

Gratuit
Recevez toutes nos informations et actualités par Email.

Entrez votre adresse email:

L’élimination des Bleus mardi contre l’Afrique du Sud a laissé des traces dans les esprits et les coeurs. Entre amertume et rancoeur, joueurs et dirigeants ont commencé à se livrer à des règlements de compte bien improductifs… Pour l’analyse de l’échec, on repassera.

Domenech sans explication
L’équipe de France est éliminée de la Coupe du Monde depuis mardi soir et déjà, l’heure du grand déballage a sonné. Face au plus grand fiasco de l’histoire de l’équipe de France, tant sur le terrain (1 nul et 2 défaites dont l’une notamment contre l’Afrique du Sud, 83e nation mondiale au classement FIFA) qu’en dehors (l’incroyable et inédite grève de l’entraînement dimanche à Knysna en point d’orgue), l’analyse des raisons de l’échec sera obligatoire. Mais il ne s’est trouvé personne, depuis le coup de sifflet final du match contre l’Afrique du Sud (2-1), pour faire ce bilan nécessaire. «C’est une grande tristesse, un désarroi pour le public français, pour le football français. On est passé à côté. On est les premiers surpris par ce qu’il s’est passé (sic) et on est uniquement dans la déception, pas dans l’explication pour le moment», estimait ainsi Raymond Domenech, égal à lui-même pour sa dernière conférence de presse de sélectionneur. Si l’on ne s’étonnera pas de ce manque de recul de Domenech qui a trop rarement analysé les matches des Bleus durant son mandat pour commencer aujourd’hui, on peut regretter que tous les autres acteurs de ce désastre en aient fait de même.

La promesse de révélations
C’est bien simple, chacun cherche à se dédouaner de ses propres responsabilités, rejetant la faute sur d’autres ou promettant des explications fracassantes dans les jours à venir. Capitaine abandonné par son sélectionneur sur le banc de touche mardi, privé de parole lundi, Patrice Evra a été le plus vindicatif. «La France entière aura besoin d’avoir des explications sur ce désastre. Ce n’est pas le moment de les donner. Mais plus tard, je dirai ce que j’ai ressenti en tant que capitaine durant cette compétition. La France saura la vérité car je n’ai rien à cacher. Les gens devront savoir la vérité sur ce désastre», a-t-il martelé en zone mixte du Free State Stadium, vite rejoint par Eric Abidal («il y a beaucoup de choses qui sont venues perturber le groupe») ou Thierry Henry qui a assuré qu’il parlerait plus tard. Mais quelle vérité peut être aussi extraordinaire qu’elle puisse expliquer le naufrage complet de cette équipe de France ? En dehors de la crainte de voir ces pseudos explications alourdir leur cas, on peut surtout attendre de ces Bleus qu’ils s’attaquent frontalement à Raymond Domenech, d’autant plus facilement que celui-ci ne sera plus sur le banc au mois d’août.

La FFF lâche Domenech
Cette manière un peu puérile de se dédouaner de ses responsabilités peut se comprendre venant de joueurs qui se sont plus souvent comportés comme des gamins que comme des joueurs professionnels depuis une semaine. Il est plus difficile à accepter venant des instances fédérales. Droit dans ses bottes, Jean-Pierre Escalettes, qui a écarté toute idée de démission avant la convocation d’un conseil fédéral début juillet, a pourtant le plus naturellement du monde lâché Raymond Domenech, qu’il a publiquement soutenu contre vents et marées depuis deux ans, en rase campagne. L’air de rien, au détour d’une phrase. «Je ressens une énorme tristesse, une grande consternation. Mais au-delà des piètres résultats sportifs auxquels on pouvait s’attendre après une qualification peu glorieuse, ce qui me consterne le plus est le psychodrame du week-end dernier où j’estime que 50 ans de valeurs se sont écroulés», a déclaré le président de la FFF. Ainsi, l’ancien patron du football amateur s’attendait à «de piètres résultats» depuis «la qualification peu glorieuse» mais ne l’a jamais dit et surtout n’a rien fait pour les éviter ? Surréaliste.

S’engouffrant dans la même brèche, à moins que ce ne soit Jean-Pierre Escalettes le suiveur, Noël Le Graët et Gérard Houllier ont, de la même façon, sorti le parachute. «La seule chose, c’est que je regrette quelquefois le mode de fonctionnement de Raymond. Ils ont travaillé à part, quand on travaille à part, on assume. Je peux vous dire que nous (la DTN), depuis un an et demi, on prépare ce qui allait se passer après, parce qu’on sentait qu’au niveau du jeu comme au niveau de l’état d’esprit, si on ne changeait pas quelque chose, on allait dans le mur» (!) a déclaré le DTN sur les ondes de RTL. Le Graët, lui, a reconnu que «Domenech n’était pas l’homme de la situation.» Pour deux hommes qui ont beaucoup oeuvré pour maintenir l’ancien coach des Espoirs en place, la prise de conscience est bien tardive. Il faut désormais espérer que tout ce petit monde retrouvera ses esprits en regagnant la France pour dresser un véritable bilan de cet échec, proposer des solutions d’avenir et laisser de côté les règlements de compte indignes qui n’apportent rien au football français, sinon encore un peu plus de discrédit. Car contrairement à ce que certains pourraient croire, Laurent Blanc n’est pas un magicien et son arrivée à la tête de la sélection ne règlera pas tous les maux de ces Bleus-là.

Source: sport24

  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »
  • »